Un peu d’histoire : Le contexte douloureux de la réouverture du laboratoire

Publié le par Claire et Loïc

La réouverture du laboratoire adossé au monastère Sainte Marie de la Bouenza s’inscrit dans une histoire riche à la fois douloureuse et porteuse d’espoir. Une histoire ponctuée de multiples recommencements pour ce site qui par trois fois abandonné puis réouvert.

 

Une première mission est ouverte en 1892 par des spiritains au bord du fleuve Niari, en contre bas du site actuel. La mission fut rapidement fermée et déplacée à cause des moustiques qui proliféraient au bord du fleuve et d’une inondation qui ravagea toutes les cultures. Une nouvelle mission fut installée sur un plateau surplombant le fleuve, le site actuel. Celle-ci se développe de 1895 à 1907 au prix de nombreuses vies. Une dizaine spiritains y périssent à cause de la fièvre hématurique et de la maladie du sommeil qui décima les villages de la région.

 

En 1909, face à cette épidémie et au dépeuplement de la région, il fut décidé de fermer la mission. Entre temps, une communauté de sœurs de Saint Joseph de Cluny qui s’étaient installé à Bouansa en 1897, avait été fermée suite aux décès de plusieurs d’entre elles. De 1909 à 1958, seuls les missionnaires enterrés sur place veillaient sur les ruines de la mission.

 

L’histoire ne redémarra qu’en 1958 quand l’abbaye de la Pierre Qui Vire fonda à la demande de l’évêque de Pointe-Noire un monastère sur le site de l’ancienne mission. Un dispensaire et un premier laboratoire de fabrication de médicaments furent ouverts dans les années soixante pour répondre aux besoins urgents de soin de la population locale. Encore une fois l’histoire s’arrêta brusquement en 1998. Le monastère fut rattrapé par la guerre civile qui déchirait le pays. Les moines durent quitter les lieux précipitamment devant l’arrivée d’un groupe armé, décidé à piller le monastère. Le monastère ne rouvrit que 10 ans plus tard sous l’impulsion de l’actuel prieur. S’inscrivant dans ce passé riche mais mouvementé, la réouverture du préparatoire pharmaceutique est un signe visible pour les habitants de la région du retour en activité du seul monastère du pays.

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Michel Ange MABIALA 26/02/2011 10:15


Je signale aussi que je connais bien le monastère et j'ai connus la majorité de vos prédécesseurs et même Eric LEROY pour avoir eu des bon rapport avec lui et connais aussi le père supérieur actuel
le Père Christophe MOUYINGOU


Michel Ange MABIALA 26/02/2011 09:50


Je suis très ravis de votre présence au Congo et plus précisément au monastere ste Marie de la BOUENZA et merci pour tout ce que vous êtes entrain de faire et ce que vous allez faire pour ce
monastère. La réouverture du laboratoire de fabrication de produit pharmaceutique soulagera une grande partie de la population. Je connais ces produits pour y avoir consommé pendant mon enfance.
Travailler dans ces condition est toujours difficile car ce sont pas les mêmes qu'en Europe mais avec la grâce de Dieu vous réussirez à votre mission.


Eric Leroy 18/02/2011 14:35


Bonjour Claire et Loic,

Mon nom ne doit rien évoquer pour vous. A moins que de vieilles archives trainent encore au fond du laboratoire. Elles vous diraient peut-être que j'y étais un de vos lointains prédécesseurs, de
décembre 1983 à janvier 1985. Un quart de siècle ! Le père supérieur s'appelait alors le P. Mayeul et le P. Serge (de Montgolfier) faisait office de cellérier. Nos sirops Kosso kosso, Miessete et
Ngolo Menga rencontraient alors un succès national ! N'hésitez pas à me contacter si ces souvenirs peuvent vous amuser. Si l'un des frères encore présent a connu cette époque, transmettez lui mon
fidèle souvenir. Bon courage aux nouveaux Mundelés. En tout cas !


Claire et Loïc 28/02/2011 14:42



Bonjour Eric,


Merci pour votre message et vos encouragements. Nous prenons donc votre suite au monastère. Nous n'avons pas retouvé d'archives vous concernant mais la guerre est passée par là. On espère bien
renouer avec le succès d'antan. Le redémarrage du laboratoire se fait progressivement.


 


Loic et Claire