L’expédition à Kibati, une aventure congolaise

Publié le par Claire et Loïc

Ce week-end, nous avons vécu une intense journée de découverte et de rencontre. Nous sommes parti à Kibati, un petit village isolé sur l’autre rive du Niari. Nous étions invité par Guillaume, un infirmier du dispensaire, tout proche du monastère qui a de la famille là-bas. Le trajet inclut une marche de quelques kilomètres jusqu’au Niari, une traversée du fleuve en pirogue puis une seconde marche pour arriver au village.

 

Nous nous sommes donc mis en route en début d’après midi. Au fur et à mesure que nous approchions du fleuve, le chemin se rétrécissait et les herbes s’agrandissaient. Rapidement, nous devions nous frayer un passage au milieu d’herbes de plusieurs mètres de haut qui se refermaient sur nous. Guillaume nous arrêta brusquement au cours du trajet, pour laisser passer un serpent qui traversait le chemin. Arrivés au point d’embarquement, un habitant de Kibati nous y attendait pour nous faire traverser le Niari, un large fleuve avec des forts courants où vivent encore quelques caïmans. La pirogue, un tronc d’acajou évidé, s’enfonçait dans les eaux au fur et à mesure que nous y grimpons. Elle ne dépassait finalement que de quelques centimètres de l’eau. Elle semblait bien déséquilibrée quand nous étions installés à 5 dans l’embarcation. Autant dire que nous n’étions pas très rassurés pendant la traversée. Après une seconde marche, nous sommes arrivés à Kibati, village de quelques centaines d’habitants. Guillaume nous a emmené de cases en cases pour saluer les habitants avec qui nous échangions quelques mots en munukutuba, ou en français. Les habitants étaient contents de voir des « mindélé », des blancs. Notre présence était pour eux un signe que le pays est en paix et que l’activité reprend au monastère. Finalement, au fond du village, nous nous sommes assis pour partager quelques verres de « laisse-moi-dormir », un alcool à base de pamplemousses.

 

L’heure du retour est vite arrivée. Nous devions refaire le trajet en sens inverse avant que la nuit tombe. Nous devenions quelques peu soucieux en voyant notre ami, qui devait conduire la pirogue descendre verres sur verres de « laisse-moi-dormir ». Au fur et à mesure que nous retraversions le village, chaque famille que nous avions salué tenait à nous offrir un cadeau. Notre sac à dos était bientôt remplit d’arachides, de tubercules de manioc, de bananes, de courges, d’une bouteille de l’alcool local, de feuilles de citronnelle et de safus. Un vrai trésor que nous ramenions. Alors que nous nous apprêtions à quitter le village, nous sommes à nouveau invités à nous asseoir et à partager un autre alcool produit au village. C’est une liqueur à base de maïs au degrés d‘alcool incertain qui nous a enflammé l’oesophage. Nous nous mettions finalement en route chargés de plusieurs kilo de cadeaux et de quelques verres d’alcool alors que la nuit commençait à tomber et que l’orage menaçait. A pas forcé, nous arrivions finalement au monastère une heure trente plus tard dans l’obscurité et sous une pluie battante. Nous étions épuisés et trempés jusqu’aux os mais très heureux de notre expédition dans la nature congolaise et des rencontres effectuées.

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Allix et Rémi Olive 13/02/2011 10:13


Waouh! Que d'aventures, on croirait lire le roman "Au coeur des ténèbres" de Joseph Conrad (qui a inspiré Coppola pour "Apocalypse now") ou encore "Voyage au bout de la nuit"!
Je pense bafouer le droit d'auteur en proposant vos écrits comme objet d'étude pour l'étude du roman d'aventure en cinquième? Ca devrait plaire à mes élèves d'origine africaine, et aux autres!
En attendant le plaisir de vous lire à nouveau,
bises à colloc et colloquette!
Allix


Xavier et Marie-Paule Leroux 12/02/2011 18:20


Bonjour Claire, bonjour Loïc,

Bravo pour votre blog, très intéressant...
L'aventure a l'air de bien se présenter, même si, je l'imagine, "la perte des repères habituels" doit être un peu compliquée au départ. Je pense que, maintenant, vous devenez de vrais Congolais,
copains des fourmis, amis des serpents et tout, et tout...
L'aventure humaine et la rencontre des habitants doivent être passionnantes...
Question de Marie-Paule : Que sont les sirops et que soignent-ils ?
Avez-vous la possibilité de mettre quelques photos sur votre blog ? (déformation professionnelle !) Je pense que le haut débit n'existe pas chez vous et donc, pas photo !

Bon courage,
Amitiés, grosses bise à vous deux.
Xav et Marie-Paule;


Billy-Bob 11/02/2011 09:34


Excelent ce périple, c'est toujours aussi plaisant de vous lire. je vois que même au Congo, on ne perd pas le nord! J'ai oublié votre mission là-bas, faire une étude de tous les alcools locaux?! à
bientôt, la bise de Roumanie