L’essence et l’acide de l’interculturalité

Publié le par Claire et Loïc

Un après-midi, un habitant de Bouansa nous apprend qu’il se rend à un enterrement dans la journée. Au gré de la discussion, il nous explique en particulier que le corps du défunt sera enduit d’essence et d’acide. Son explication est claire mais elle nous fait surtout prendre conscience que nous n’avons encore rien compris…à la culture qui nous entoure.

La rencontre interculturelle est une de nos motivations premières pour ce projet. Lors des sessions de formations, nous avons mis des mots sur ce que nous attendions au niveau culturel. Des mots vagues, des mots « bateaux » pourrait-on dire aujourd’hui. Les premières semaines ont confirmé notre vision de la culture congolaise telle que nous l’avions établi a priori, ou alors, telle que nous voulions la voir. Ensuite seulement, sans crier gare, au cours de discussions anodines vient la vrai découverte interculturelle. Nous prenons alors conscience que nous sommes face à un iceberg. Nous ne percevons qu’une petite partie immergée de la culture.

La culture africaine comprend un ensemble de codes et de traditions qui ne sont écrits nulle part. Ce n’est qu’en prenant le temps d’échanger avec ceux qui la font vivre qu’on en perçoit des bribes. L’habitant de Bouansa nous a donc expliqué que la sorcellerie a occupé une certaine place dans les croyances au Congo. Celle-ci pouvait se pratiquer avec des os et en particulier des os humains. Ainsi, par tradition pour éviter que les os des défunts puissent éventuellement être récupérés dans les cimetières, leurs familles enduisent le corps d’essence et d’acide*.

A l’issue de ce premier mois, nous faisons face à cet iceberg. A l’heure actuelle, nous ne savons pas ce que contient sa partie submergée, nous savons seulement qu’elle existe et qu’elle est vaste. L’année à venir sera sûrement pas suffisante pour tout explorer.

 

*Sorti de son contexte, l’exemple peut paraître choquant. Il faut bien comprendre qu’il s’inscrit dans un contexte plus large associé aux croyances traditionnelles. Ces traditions ont en partie disparu au profit du christianisme ou de l’islam. Cependant, elles peuvent encore avoir un impact sur certaines décisions et habitudes de la vie.

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N'TSAKALA 16/01/2011 10:53


ah le rituel des es enterrements n'est pas le meme d'un clan a l'autre dans la meme ethnie. chez les bembés qui sont aussi a bouansa. on enduit pas le corps d'acide. et les sorcier ne courent pas
les rues .pour se protéger des deterreurs oui certainement(moudjoula)l'habitant va vous expliquer.mais encore merci au nom du seigneur. prosper le franco-congolais du 93170.de passage pour ses
vacances vers chez vous j vais me ressourcer a mouyondzi c plus loina 45 km de bouansa(le briz).au terminus de la route goudronné.